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vendredi 19 janvier 2007
par Administrateur
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L’étude de l’Histoire enseigne que durant certaines courtes périodes s’accumulent les signes annonciateurs des grandes tourmentes qui, par la suite, vont bouleverser durablement les rapports de force entre les peuples. Ce pourrait être le cas de ce mois de juin 2006.

En effet, tandis qu’étaient réunies les conditions de la guerre qui ravage à nouveau le Liban, sur l’autre versant du monde, le 15 juin, Moscou et Pékin célébraient le 5ème anniversaire de la mise sur pied de l’Organisation de coopération de Shanghai. Cette OCS rassemble aussi quatre des républiques musulmanes ex-soviétiques d’Asie Centrale et intéresse l’Iran et l’Inde, le Pakistan et l’Afghanistan qui participaient à la réunion en candidats à l’adhésion ou en observateurs. Ainsi, quelque 60 ans après la signature du traité de l’Atlantique Nord, voici qu’à l’initiative de Pékin et de Moscou, se constitue une organisation politique antagoniste, le monde d’Asie-Pacifique se préparant à affronter le monde Euro-Atlantique. Affrontement politique, économique, social et aussi culturel, les deux civilisations ayant été, séculairement, très différentes. Ce gigantesque heurt sera dominé par les trois facteurs déterminants du siècle : la disponibilité des ressources énergétiques indispensables au développement, l’accès aux matières premières nécessaires à la frénésie de production et de consommation, enfin, la faculté d’être en état d’innovation scientifique permanente.

Il s’agit là, d’hypothèses vérifiables au cours des prochaines années. Aujourd’hui, au Moyen-Orient, ce sont les faits qui commandent.

Une série d’événements relativement mineurs si on les compare à leurs terribles conséquences aurait exacerbé, localement, les tensions latentes, déclenché l’explosion et la montée aux extrêmes au moment que les deux adversaires ont jugé opportun. Voici les faits :

  1. Le 15 juin, Damas et Téhéran, par l’intermédiaire de leur ministre de la Défense respectif, signent une sorte de pacte de sécurité commune. Une commission mixte est mise sur pied pour veiller aux multiples applications du traité. Son contenu n’a pas été révélé mais il doit constituer une nouvelle « feuille de route » pour les deux gouvernements alliés contre deux ennemis communs : l’Etat d’Israël et les Etats-Unis, le sunnisme syrien s’accommodant du chiisme iranien. Si l’Iran s’engage à poursuivre le renforcement de la puissance militaire de la Syrie, à lui fournir des missiles offensifs et défensifs, de l’artillerie, des chars d’assaut et aussi à financer les achats d’armes que Damas pourrait acquérir ailleurs - en Russie par exemple - en échange, l’aide syrienne au Hezbollah libanais doit être discrètement accentuée afin que l’Iran consolide son implantation chiite à la frontière septentrionale de l’Etat d’Israël, atout pour la diplomatie iranienne dans les négociations avec les Occidentaux. La mention officielle de cession de missiles offensifs (Katioucha, Scud et Frog modifiés, Shalin iraniens et éventuellement aussi des matériels balistiques russes, place l’Etat d’Israël dans une position de vulnérabilité nouvelle).
Dérisoires sont devenus les grillages et les centaines de kilomètres de mur de béton ; même à courte portée des engins tels que les roquettes tiennent sous leur menace l’habitat israélien. Et sur des zones de plus en plus étendues avec l’accroissement de la portée. Aux imprévisibles kamikazes palestiniens succèdent les imparables Katioucha et la vulnérabilité des cités israéliennes est substituée aux attentats urbains suicidaires. Même des engins imprécis, rudimentaires, mais utilisés en nombre – plusieurs dizaines de milliers - peuvent faire beaucoup de mal. En quelque sorte, le traité du 15 juin officialise cette menace.

En octobre 1989, les Accords de Taëf avait imposé le désarmement des milices libanaises mais, prétextant la présence de forces israéliennes au Liban sud, le Hezbollah avait conservé, et même accru sa panoplie (notamment avec des roquettes). En mai 2000, Israël se retire du sud du Liban (peuplé majoritairement de chiites qui forment approximativement le tiers de la population libanaise). Ce retrait était une victoire pour le Hezbollah et aussi pour lui le moyen de transformer en camp retranché cette zone-tampon (dépôts d’armes, bunkers, postes de commandement souterrains) d’où, aujourd’hui, le Hezbollah peut frapper le nord de l’Etat d’Israël et demain, avec des engins de 200 ou 300 kilomètres de portée, au-delà de Tel Aviv. (Menace dont Téhéran se réserve sans doute l’emploi dans le cas où l’Iran serait la cible des armes américano-israéliennes). Il faut bien admettre que le traité du 15 juin, consacrant les déclarations du pouvoir des mollahs constitue un sérieux péril pour l’Etat d’Israël.

  1. Le Monde daté du 22 juillet nous apprend que, le 25 juin, le premier ministre israélien Ehoud Olmert et Mahmoud Abbas, président palestinien ont eu un entretien à Pétra en vue de reprendre la négociation OLP-Israël. La rencontre aurait eu lieu à l’initiative du roi de Jordanie, probablement à la demande du Département d’Etat.
  1. Le même 25 juin le caporal israélien Gilad Shalit a été capturé par des commandos palestiniens opérant dans la bande de Gaza, tandis que des roquettes tombaient sur le nord de l’Etat d’Israël. S’agissait-il de négocier avec Israël la libération de prisonniers palestiniens en échange de la liberté rendue à Shalit ? Ou, dans le même temps que se déroulait la rencontre de Pétra, était-ce le moyen de mettre fin à ce début de dialogue, le Hamas violemment anti-israélien ayant eu les faveurs de l’électorat palestinien ?
  1. Le 27 juin, Tsahal intervient à Gaza sanctionnant la capture de son caporal. Le gouvernement israélien refuse d’échanger 1000 Palestiniens incarcérés contre la liberté de Gilad Shalit (3 juillet) et ré-occupe militairement un secteur nord de la bande de Gaza.
  1. Le 12 juillet, escarmouche à un poste frontière entre le Hezbollah et une petite formation israélienne. Trois soldats de Tsahal ont été capturés et huit autres tués. Le lendemain, Tsahal réagit fortement par des bombardements visant, au Liban, le déploiement du Hezbollah et en pratiquant le blocus terrestre, aérien et maritime du Liban. Un mois après la signature du traité Irano-Syrien une nouvelle guerre israélo-arabe commence et, le 15 juillet Haïfa est la cible d’un tir d’engins Katioucha.
***

Moins d’un mois après le déclenchement des hostilités, ses conséquences – aux répercussions quasi-mondiales - sont bien malaisément discernables. En revanche, les événements contemporains constituent autant de constats dont l’avenir tiendra compte.

1° D’abord ceux qui ont directement trait à la victime, le Liban, théâtre de cette nouvelle guerre israélo-arabe.

Ses quelque 4 millions d’habitants sont fractionnés en une vingtaine de communautés ethniques et confessionnelles, autant de partis politiques, eux-mêmes dominés par des mouvements tels, dans la majorité musulmane, le Amal de Nabib Berri maintenant associé au Hezbollah, le parti de Dieu, dirigé par Hassan Nasrallah, formations farouchement anti-sionistes et anti-américaines.

Le retrait des forces syriennes, le respect de la souveraineté libanaise (selon les exigences de la Résolution 1559 du 2 septembre 2004) n’ont pas été suivis de la formation d’un gouvernement fort, en mesure de forger une unité nationale en maîtrisant ces diversités ethniques et confessionnelles. C’est ainsi que les modestes formations de l’armée « nationale » libanaise seraient bien en peine de désarmer le Hezbollah, d’autant qu’elles comptent une majorité de chiites. En revanche, le parti de Hassan Nasrallah, né de la résistance à l’occupation isréalienne, est devenu le champion de la lutte contre l’Etat d’Israël, et, à ce titre, il recueille le soutien d’une large fraction de la population des pays de l’Islam. D’où l’éventuel envoi d’une force armée internationale, fournie par l’OTAN (déjà engagée en Afghanistan, en Irak, sollicitée pour le Darfour, voire le Caucase) et qui, occupant le territoire libanais, paralyserait le Hezbollah et serait sans doute victime d’attentats semblables à ceux de 1983 tout en renforçant la résistance à la présence de forces étrangères.

Il n’en demeure pas moins que, bien que participant au gouvernement du Liban, le Hezbollah a délibérément provoqué la destruction de l’infrastructure de son pays. Il devait bien se douter que l’Etat d’Israël ne pourrait admettre de vivre sous la menace d’une avalanche de roquettes imparables et qu’il saisirait le moindre prétexte – par exemple la capture d’un de ses militaires - pour intervenir massivement.

Le « parti de Dieu » se serait aussi comporté comme s’il voulait démontrer qu’un Liban souverain n’était pas viable et que seule une présence syrienne rétablirait l’équilibre entre Israël et un ensemble Libano-Syrien, la Syrie puissamment armée incitant Tsahal à composer avec Damas, donc avec Beyrouth protégé par Damas

2° Passons aux pays de l’Islam considérés dans leur ensemble.

Grande, également, est leur diversité, 300 groupes ethniques et 120 langues, selon le recteur Gérard François Dumont [1]. Aux divisions internes, d’ordre religieux : sunnisme, chiisme, wahhabisme, ismaélisme, etc…. s’ajoutent les clivages créés par la politique pétrolière des Etats-Unis et par leur soutien inconditionnel du sionisme. Si une certaine unanimité anti-juive rallie les populations musulmanes, leurs gouvernements ont des positions plus nuancées. Tous déplorent l’existence de l’Etat d’Israël là où il est mais certains s’en accommodent, ce qui leur permet d’être en bons termes avec la superpuissance, de bénéficier de ses subsides et de commercer avec l’Occident industrialisé.

A cet égard la réunion de la Ligue arabe du 15 juillet, au Caire, est significative. Les événements du Moyen-Orient ont mis en évidence la différence des politiques gouvernementales : si l’Arabie Séoudite, l’Egypte, la Jordanie, le Koweït, Bahrein, leMaroc et… l’Irak se sont élevés contre les agissements du Hezbollah, capturant des soldats israéliens et provocant les représailles israéliennes, l’Algérie, le Soudan, la Syrie, le Yémen et, naturellement, la Palestine, ont soutenu l’action du Hezbollah. Tous ont réclamé un cessez-le-feu immédiat et la compensation, par l’Etat d’Israël, des destructions subies par le Liban

Autre source d’oppositions, le vieil antagonisme entre arabes et perses matérialisé par les gouvernements des pays sunnites, largement majoritaires et les chiites, essentiellement iraniens. Les guerres d’Irak et le recours des Etats-Unis aux chiites irakiens d’une part, les déclarations fracassantes du président Ahmadinejad d’autre part, ont fait redouter l’expansion du chiisme, ses empiètements sur le sunnisme, et les Etats-Unis comme l’Etat d’Israël, spéculent sur cette discorde chez les adversaires ainsi durablement affaiblis.

En revanche la passivité de l’Etat d’Israël devant l’armement du Hezbollah est surprenante. Les travaux de fortification du sud Liban, le transfert d’Iran en Syrie, puis au Liban, des armes balistiques ne sont pas des opérations aisées à dissimuler. Le Mossad ne pouvait ignorer ces préparatifs qui, dévoilés, auraient du moins alerté l’opinion et peut-être déclenché l’intervention de l’ONU.

3°. La Syrie.

Damas occupe une position stratégique et il entend bien en tirer parti. Contraint de reconnaître l’indépendance et la souveraineté du Liban le gouvernement syrien ne s’y résigne pas. Désigné à la vindicte publique par les Etats-Unis, la Syrie à majorité sunnite s’est ralliée à la cause iranienne, chiite, afin de demeurer incontournable dans toute question relative au destin du peuple du Moyen-Orient. Damas n’admet pas que le Département d’Etat continue de l’ignorer, constatant que son gouvernement n’a même pas été invité à la conférence de Rome relative à la crise israélo-libanaise bien qu’il détienne la clé de l’armement du Hezbollah par Téhéran. Se voulant constructif, le président Bashar el-Assad estime que la solution recherchée réside dans une négociation globale, le cessez-le-feu général et l’échange des prisonniers, dispositions qui, en réalité, ne sont pas à la mesure de l’ampleur du différend.

4° L’Iran.

Le soutien financier et militaire fourni au Hezbollah par le gouvernement de Téhéran est de notoriété publique. On comprend que le régime des mollahs, en quête d’indépendance politique et stratégique entretienne l’atout que représente pour lui le fait d’avoir une sorte de relais militant à la frontière septentrionale de l’Etat d’Israël. Si les forces américaines sont présentes aux approches occidentales (Irak) et orientales (Afghanistan) de l’Iran, celui-ci par Hezbollah interposé, tient l’Etat d’Israël sous la menace de ses engins à courte et moyenne portée. Il ambitionne d’inspirer une politique anti-américaine et, comme on l’a vu précédemment, il souscrit aux nondits du pacte de Shanghaï.

Le Hezbollah bénéfice de l’audience que lui confère le fait que non seulement il tient tête à Israël mais qu’il l’attaque, détruisant ses agglomérations. Il rivalise, ainsi, dans l’anti- sionisme et l’anti- occidentalisme, avec Al Qaeda, l’emportant sur Amal, son allié du moment. On conçoit que les gouvernements musulmans majoritaires - sunnites - en arrivent sinon à admettre la victoire de l’Etat d’Israël du moins à souhaiter l’affaiblissement des mouvements chiites.

5° Les Etats-Unis.

La politique énergétique de Washington, la quête et l’appropriation des sources d’énergie fossile et de ses voies d’acheminement ont amené les Etats-Unis à pratiquer un bellicisme dont il leur faut, maintenant, payer le prix.

Occuper et détruire l’Irak y a créé le chaos et, en ce qui nous concerne ici, fait le jeu de l’Iran débarrassé d’un adversaire entreprenant. De surcroît Téhéran peut avoir une certaine influence sur la majorité chiite irakienne formant – démocratiquement - le gouvernement de Bagdad ce qui ne laisse pas d’être inquiétant pour les Etats-Unis.

Pour Washington les représailles exercées par l’Etat d’Israël présentent l’avantage de viser – et d’obtenir au moins partiellement - le désarmement du Hezbollah et, par conséquent, de battre en brèche la politique de l’ennemi iranien au Moyen-Orient. Le rejet, par la Maison-Blanche, du projet de cessez-le-feu devait laisser à Tsahal le temps de détruire l’infrastructure du « parti de Dieu » et consacrer l’échec à la fois de l’Iran et de la Syrie. Double succès pour Washington. Mais la « communauté » internationale, ou du moins les gouvernements qui prétendent la représenter, tenus par leurs opinions politiques respectives, ne tolèrent pas le matraquage du Liban et exigent un cessez-le-feu, lequel interviendrait avant que Tsahal ait achevé son entreprise de démolition et de neutralisation définitive des capacités offensives du binôme Iran-Hezbollah. Dès son arrivée à Beyrouth Mme Rice avait laissé entendre qu’elle tiendrait compte de l’opinion quant à l’urgence d’un cessez-le-feu.

6° Union européenne.

Au crédit de cette partie du vieux monde il faut porter la rapidité avec laquelle ont été organisées et pratiquées les évacuations des populations fuyant les bombardements. En revanche, « l’Union Européenne puissance » a adopté un profil bas, ne sachant guère que parler pour clamer les banalités sur les épreuves de la guerre, l’obligation d’y mettre un terme, l’évaluation des dégâts etc… Ce fut également une occasion de se faire apprécier par l’électorat en tenant des propos généreux et en apparaissant le plus souvent possible sur les écrans de la télévision. La politique intérieure commande et cette guerre offrait une occasion à ne pas manquer.

Certes, l’envoi d’une force d’interposition est une solution, au moins temporaire à laquelle il est facile – et commode - de se rallier. Mais rares sont les gouvernements prêts à fournir les contingents nécessaires. Les événements de 1983 et les attentats visant les soldats américains et français incitent à la prudence. Les gouvernements de l’ Union Européenne rechignent à intervenir militairement, ce qui reviendrait à prendre parti aux dépens des Palestiniens. Aussi invoque-t-on de nombreux obstacles : d’abord être sollicité par l’Etat libanais et par l’Etat d’Israël, obtenir un mandat précis des Nations Unies, avoir l’accord de Mons (OTAN) et de Bruxelles (UE) et tout cela en dépit des réserves de Washington qui a déjà annoncé ne pas vouloir participer à cette force d’interposition.

Le double échec de la mission Rice (délibéré) et de la rencontre de Rome est un succès pour Washington qui entend laisser à Israël le temps d’éliminer le Hezbollah affronté à terre au sud Liban (d’où la « bavure » dont a été victime la Finul).

En ce qui concerne l’activité verbale, diplomatique, la France a déployé de louables efforts. Mais force est de constater que ses créations politiques, celles qu’elle avait agencées après une victoire chèrement payée, ses créations ont la vie courte. Le gouvernement de M. François Mitterrand pour plaire à l’ami Helmut Kohl a fortement contribué à démanteler la Yougoslavie, l’Allemagne s’est chargée de « casser » la Tchécoslovaquie – et de deux, tandis que l’Iran mettait, par Israël interposé, le Liban à feu et à sang. Et de trois - Dans ce domaine également, la Vème République est devenue une entreprise de liquidation des acquis du passé national.

7° L’Etat d’Israël.

On a vu précédemment que la transformation du Sud Liban en camp retranché par le Hezbollah semble avoir échappé à la vigilance des services de renseignements israéliens, ce qui est surprenant. Comme est surprenante la passivité des Nations Unies devant l’armement du Hezbollah, la non observation des prescriptions de la Résolution 1559 et le trafic d’armes Iran - Syrie qui ne pouvait être dissimulé.

Les manœuvres de Washington visant à accorder à l’Etat d’Israël près de deux semaines supplémentaires de bombardement pour neutraliser le Hezbollah, ont encore accru l’opposition des populations musulmanes aux agissements de la superpuissance. Et fortement embarrassé les gouvernements arabes qui entendent composer avec elle.

Mais, surtout, les événements qui ont à nouveau, ensanglanté le Proche-Orient bouleversent de fond en comble les conditions de la sécurité – et même de la survie - de l’Etat d’Israël.

Jusqu’à ces derniers jours, terrorisme islamique mis à part, les guerres israélo-arabes avaient été conduites, de chaque côté, avec les armes classiques du combat aéro-terrestre : chars, canons, avions. L’irruption de l’engin balistique, fût-il rudimentaire, crée pour l’Etat d’Israël un terrible péril. A courte et moyenne portée ces engins sont imparables et leurs effets dévastateurs insupportables. Si les adversaires voisins de l’Etat d’Israël venaient à les utiliser en nombre, Tsahal n’aurait d’autre recours que l’invasion et l’occupation permanente des territoires d’où ils peuvent être lancés (géographiquement, l’Egypte et la Syrie, la Jordanie etc….) ce qui n’est pas, politiquement, concevable. Si bien que, dans l’avenir, la survie de l’Etat d’Israël en viendrait à dépendre des relations – financières et politiques - que Washington entretiendrait avec les gouvernements de ces voisins potentiellement capables d’atteindre le vieil objectif du monde arabe en ce qui concerne l’Etat israélien. A ce titre la démarche iranienne n’est pas limitée aux propos iconoclastes du président Ahmadinejad. Elle risque d’instaurer un ordre nouveau au Proche-Orient.

 

[1] J. Dupâquier – Yves-Marie Laulan. L’avenir démographique des grandes religions. F.x. de Guibert. Paris. 2005. p. 34


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Documents joints à cet article :
Messages de forum :
Liban : la force de la faiblesse par le Général Gallois
samedi 10 novembre 2007

Bonjour,

Votre analyse est excellente, comme on peut régulièrement faire le même constat concernant vos différents écrits ;

Permettez-moi de vous apporter la précision suivante concernant l’activité des services de renseignement israéliens au sujet du réarmement du Hezbollah (à nouveau relancé à l’heure où j’écris ces lignes) à la frontières Nord, et ce, depuis au moins 6 ans avant cette guerre du Liban de l’été 2006 (qui n’est que la première d’une série de guerres à venir).

Les services de renseignement étaient parfaitement au courant et ont le plus souvent fait part de leurs observations, bien que certains étaient découragés de n’être pas entendus des échelons supérieurs.

En effet, le problème est ailleurs et vient principalement de la classe politique israélienne qui, depuis Oslo, joue les otages volontaires du dit "processus de paix" (dont la réalité ne cesse de dédire les promesses) et de la "feuille de route" dont les politiciens (de droite comme de gauche, mais surtout de gauche) ont fait une nouvelle idole, même si en leur for intérieur, ils y croient peu. Le fait est qu’ils passent désormais leur temps à promettre la paix au peuple israélien, quand bien même leurs adversaires leur promettent explicitement la guerre ( en psychanalyse, cela s’appelle "un déni du réel") ; une paix "à tout prix" dont on n’est plus capable de calculer le dit "prix".

Les conseillers en communication de certains de ces politiciens ont eu l’indécence de leur proposer de parler de "victimes de la paix" pour idéaliser cette étrange "paix" et faire passer la pilule, mais le peuple d’Israël, dans sa grande majorité, n’est absolument pas dupe de cela. …Ce qui n’empêche visiblement pas les politiciens de continuer à adopter des comportements irrationnels.

Voilà pourquoi les services de sécurité ne sont pas écoutés, et comme vous l’avez compris, c’est un drame.

Frédéric Gandus Adviser on Politics, International Lecturer, Oxford-La Sorbonne universities, Z&C Rothschild Foundation Prize on Geopolics, Creative programs in politics (Jerusalem)




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