Ce prix a été créé en 1999 par quatre associations de défense et de promotion de la langue française : Avenir de la langue française, Association pour l’essor de la langue française (ASSELAF), Défense de la langue française (DLF) et le Droit de Comprendre (DDC).
Le prix de la Carpette anglaise distingue plus spécialement les déserteurs de la langue française qui ajoutent à leur incivisme linguistique un comportement de veule soumission aux diktats des puissances financières mondialisées, responsables de l’aplatissement des identités nationales, de la démocratie et des systèmes sociaux.
Un prix spécial à titre étranger distingue en outre, depuis 2001 les personnalités ou corps constitués de la nomenklatura européenne ou internationale ayant collaboré à la propagation de la langue anglaise dans les institutions européennes ou internationales. Pourquoi ce prix ?
Parce que le recul du français s’accélère chaque jour dans nos entreprises, nos universités, notre production scientifique, notre commerce et dans les institutions européennes au profit de la « langue mondiale unique », sous les coups de boutoir des marchés financiers et de l’empire américain.
Parce que ces coups sont assenés chez nous par quelques potentats ou « petits marquis » - chefs d’entreprise, affairistes, « hauts » fonctionnaires… - dont la nationalité française ne signifie plus rien s’ils peuvent ainsi mieux servir leurs intérêts personnels et ceux de leurs maîtres auxquels ils veulent tant ressembler.
Parce que l’anglais « basique » (ou globish) qu’on veut nous imposer va souvent de pair avec la « malbouffe » des obèses gavés aux « hamburgers transgéniques » et le modèle social cher à Wall Street, avec ses cortèges d’injustices : aujourd’hui on brade votre langue : demain on bradera vos emplois et l’avenir de toute la collectivité nationale, surtout celui des plus faibles.
Les lauréats du prix
2007
Christine Lagarde, ministre de l’Économie, pour avoir communiqué avec ses services en langue anglaise, à tel point que, selon le Canard enchaîné, celle-ci serait surnommée « Christine The Guard ».
2006
Le Conseil constitutionnel pour « ses nombreux manquements à l’article 2 de la constitution qui dispose que la langue de la République est le français » et pour avoir déclaré conforme à la constitution le protocole de Londres sur les brevets, permettant ainsi à un texte en langue anglaise ou allemande d’avoir un effet juridique en France.
2005
France Télécom, opérateur de téléphonie présidé par Didier Lombard, pour la mise en place de services et produits aux dénominations anglaises (« Business Talk, Live-Zoom, Family Talk… »), désigné par huit voix contre quatre à Yves Daudigny, président du conseil général de l’Aisne pour sa grotesque campagne publicitaire en anglais « L’Aisne, it’s Open ! »
2004
Claude Thélot, président de la Commission du débat national sur l’avenir de l’école, pour avoir considéré « l’anglais de communication internationale » comme un enseignement fondamental, à l’égal de la langue française, et avoir préconisé son apprentissage par la diffusion de feuilletons américains en version originale sur les chaînes de la télévision française
2003
Le Groupe HEC, dont le directeur général, Bernard Ramanantsoa, a déclaré en décembre 2002 : « Dire que le français est une langue internationale de communication comme l’anglais prête à sourire aujourd’hui ».
2002
Jean-Marie Colombani, directeur de la publication du Monde, pour avoir publié, sans réciprocité, un supplément hebdomadaire en anglais, constitué d’articles du New York Times.
2001
Jean-Marie Messier, PDG de Vivendi-Universal, pour favoriser systématiquement l’anglais comme langue de communication dans ses entreprises.
2000
Alain Richard, ministre de la Défense, pour avoir obligé les militaires français à parler anglais dans le sein du Corps européen alors qu’aucune nation anglophone n’en fait partie.
1999
Louis Schweitzer, PDG de Renault, impose l’usage de l’anglo-américain dans les comptes rendus des réunions de direction de Renault.
Lauréats du prix spécial du jury à titre étranger
2007
La police de Genève, pour avoir diffusé une publicité intitulée United Police of Geneva.
2006
Ernest-Antoine Seillière, président de BusinessEurope (ex-UICE, Union des industries de la communauté européenne), pour avoir prononcé un discours en anglais au Conseil européen à Bruxelles en mars 2006.
2005
Josep Borrell, président du Parlement européen, pour avoir avantagé l’anglais lors d’une session de l’assemblée parlementaire Euro-Méditerranée qu’il venait de présider à Rabat au Maroc sans prévoir la traduction des documents de travail.
2004
Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, élu pour avoir présenté en anglais la politique de l’établissement devant le Parlement européen de Strasbourg et avoir déclaré lors de sa prise de fonction « I am not a Frenchman ».
2003
Pascal Lamy, commissaire européen, pour son utilisation systématique de l’anglais au sein de la Comission européenne, au mépris des règles communautaires.
2002
Romano Prodi, président de la Commission européenne, pour l’affaire de l’étiquetage en anglais des produits alimentaires, et l’imposition de l’anglais comme langue unique de négociation pour l’élargissement européen.
2001
La société Lego, fabricant danois de jouets pour enfants, qui présente ses produits en France et dans le monde uniquement en anglais sous les expressions « explore being me », « explore together », « explore logic » et « explore imagination »
Répondre à cet article
