Une fois encore, les adversaires obstinés et déterminés de la grandeur française, c’est-à-dire de la France, sont à l’œuvre et tentent, en dissimulant leur idéologie sous des prétextes économiques et de politique internationale, d’entamer, si peu que ce soit et « à la marge », la totale indépendance de notre pays en matière nucléaire.
Les Anglais, tout le monde le sait, disposent d’une force de dissuasion nucléaire, capable de détruire des millions de vies humaines et garantissant ainsi leur propre survie en cas de tension très grave. Ce que tout le monde ne sait pas, ou feint d’ignorer, c’est que la liberté d’action des Anglais en matière d’usage de leur force nucléaire n’est pas totale. Ils sont obligés d’avoir l’accord des Etats-Unis, sous peine de voir leur armement inopérant. Il ne nous appartient pas de savoir ou de juger les raisons de cette situation, mais notre devoir est d’en tenir compte et de ne pas lier, si peu que ce soit, le sort de nos armes à celui des Anglais.
Lors d’un Conseil des ministres, le 9 mars 1966, le général de Gaulle déclarait (selon Alain Peyrefitte) : « Mais on n’intègre pas les forces atomiques. Or nous en avons et nous en aurons de plus en plus. ». Ceux qui aujourd’hui font semblant de croire que cette vérité n’en est plus une sont en réalité des adversaires de la France.
Michel Debray
- Vice-amiral en 2ème section
- Ancien président de l’Institut Charles de Gaulle
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