FORUM POUR LA FRANCE - Pour le retour à l’Indépendance et à la Souveraineté de la France
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France, Wallonie et Bruxelles
La Belgique éclate : que peut et doit faire la France ? Le point par Albert Salon
Entre non ingérence et non indifférence
mardi 23 janvier 2007
par Administrateur
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La Question Belge

Après notre réunion d’hier après midi, présidée par M. Henri Fouquereau, il a été possible d’énoncer une série de points qui, après une nouvelle discussion à la rentrée, pourraient conduire à une position de consensus du FORUM POUR LA FRANCE, à la fois de non-ingérence et de non-indifférence :

  • 1) Le Forum pour la France prend acte de ce que les menaces de "divorce belge" font apparaître une "Question" internationale, intéressant d’abord les autres Etats qui forment avec l’actuelle Belgique une Union européenne, en premier lieu les voisins de ce Royaume, et la France au premier chef, pour des raisons linguistiques, historiques, et d’imbrication économique.
  • 2) Le Forum pour la France considère que, s’il est légitime que la France ne se désintéresse pas de ce qui se prépare à 300 km de Paris, son gouvernement comme ses institutions publiques et ses grandes ONG, doivent se garder de toute ingérence dans un conflit qu’il n’appartient qu’aux Flamands, aux Wallons et aux Bruxellois, de trancher.
  • 3) Le Forum pour la France peut, pour sa part, continuer à informer les divers milieux français responsables au sujet des données de base du problème "belge", de l’évolution de l’éventuel divorce, et des nouvelles qui lui parviendraient des Wallons et des Bruxellois.
  • 4) Le Forum pour la France estime que, dans le sillage des déclarations pertinentes du Général de Gaulle et de M. Chevènement, les gens habilités à parler au nom de la France devraient, chaque fois qu’ils sont interrogés, dire que la France s’estime naturellement concernée, mais qu’elle ne pourrait que tout mettre en oeuvre* pour assurer le "plein et scrupuleux respect" de choix qui n’appartiennent qu’aux populations de Wallonie et de Bruxelles, dont les représentants qualifiés lui feraient part*.

Ce compte rendu d’étape, vous est envoyé pour vous inviter à donner par courriel votre sentiment à M. Fouquereau et à moi, ainsi, du reste, qu’aux autres participants à cet important débat, dont le Forum a la vocation naturelle de tirer une attitude commune. A cet effet, la position argumentée de chacun de vous sera plus que bienvenue !

* Cette formulation "tout mettre en oeuvre pour…" ne fait qu’ouvrir la voie à un referendum en France, pour consulter les Français sur une hypothétique proposition wallonne de réunion à la France, et, beaucoup plus vraisemblablement, sur les liens privilégiés qu’un Etat wallon indépendant demanderait à la France d’établir avec lui. Albert Salon, Président du FFI-France.

Entre non ingérence et non indifférence

En 1967, le Général lança son « Vive le Québec libre ! » du balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal. En dehors d’Ottawa, les critiques les plus indignées du « Général fou » vinrent des media français.

L’un des arguments entendus contre ce crime de lèse-majesté-anglo-saxonne fut : « Que dirions-nous si un dirigeant de l’Allemagne venait crier à Strasbourg, au balcon de l’Aubette : « Vive l’Alsace libre ! » ou, ce qui reviendrait au même en l’occurrence : « Elsass, heim ins Reich ! ». Nos journaleux incultes ou malveillants oubliaient simplement que le Québec n’avait jamais eu avant 1967 la possibilité de s’auto-déterminer, et que ses révoltes, notamment des Patriotes en 1837-38, avaient été écrasées sans pitié. Alors que l’Alsace avait eu cette possibilité en 1790, à la fête de la Fédération, et sous d’autres formes depuis lors.

La situation de la Belgique, et celle des Wallons et Bruxellois francophones en son sein, sont bien différentes de celles du Canada et du Québec.

Ce ne sont pas, en effet, les francophones qui veulent secouer un joug flamando-impérial. Ce sont les Flamands qui veulent constituer leur Etat flamand ethniquement homogène, unilingue et uniculturel, en larguant la charge, lourde à leurs yeux, des francophones.

Les Français, leurs media, leurs dirigeants de minces culture historique et vision, ignorent ce qui se prépare à moins de 300 km de Paris : l’éclatement de la Belgique. Ils ignorent aussi qu’il n’y a jamais eu de « nation belge », seulement un Etat de fait.

La récente apparition d’un vote en deux blocs nationaux antagonistes au Parlement belge, au-delà des clivages partisans, sur la question brûlante de l’avenir de l’Etat très souvent appelé « Belgium », illustre de manière frappante le "divorce belge", entamé depuis plusieurs décennies. Les Flamands veulent leur Etat, la seule pierre d’achoppement restant le sort de Bruxelles-capitale, ville d’un million d’habitants à 90% francophones, mais située en territoire historiquement flamand, et dont les Flamands ont fait la capitale de leur Région Flandre. Les Wallons, qui eussent pu faire de même pour leur Région Wallonie, ont préféré prendre Namur comme capitale régionale, laissant le terrain bruxellois à leurs voisins.

Eclatement sous la poussée des seuls Flamands, bien plus riches, et peu partageux à l’égard de gens du « sud » jugés peu sérieux et encalminés.

En effet, les Wallons, et surtout les Bruxellois, loin d’avoir une démarche « québécoise », restent largement « belgicains ». C’est-à-dire accrochés aux lambeaux de l’unité belge, d’un Etat qu’ils dominèrent au 19ème siècle : le Roi, la Sécurité sociale, l’équipe de foot des « Diables rouges », et un mythe historique, le reste étant de plus en plus séparé en deux entités flamande et « autre », y compris les chemins de fer de la SNCB…

Les Français, « sonnés » à Waterloo, résignés aux traités de 1815 enlevant des parts de France et les incluant dans les Pays-Bas, puis habitués, après la Révolution de 1830, à voir une Belgique, désormais séparée des Pays-Bas, dressée par la Sainte Alliance en fait contre la France, considèrent que la frontière est intangible.

Sage attitude de non ingérence, si elle consiste à éviter que le status quo ante soit remis en cause par la seule France.

Mais attitude qui devient étrange et coupable indifférence, si elle consiste à s’interdire d’imaginer que les Wallons et peut-être les Bruxellois, largués par les Flamands devenus indépendants, puissent un jour, désemparés, se constituer en une Belgique résiduelle (Royaume ou République ?…), ou en une République seulement wallonne, et prendre l’initiative de demander, sinon une réunion avec la France à l’instar de la RDA avec la RFA, du moins des relations quasi fédérales ou, en tout cas, très étroites, avec la France.

Encore plus étrange, cette attitude d’autruche est répandue aussi dans les milieux souverainistes français ! Alors qu’elle est en résonance avec les politiques liées de l’U.E. et des Etats-Unis tendant à l’éclatement en grandes et petites régions des Etats européens continentaux, et d’abord du parangon d’Etat-Nation républicain qu’est la France*.

Heureusement, le tout récent référendum italien montre les limites du processus de destruction des nations sous la poussée de l’Empire, et les résistances qu’il rencontre un peu partout.

Or, la demande de coopération inter-étatique de la nouvelle Belgique résiduelle avec la France serait sans doute très forte, dans la logique de la très grande proximité culturelle, de l’imbrication économique de plus en plus étroite depuis quelques décennies, et des solides implantations croisées des grandes entreprises des deux pays.

A fortiori, dans le cas où, Bruxelles étant devenue une sorte de région européenne ou district fédéral co-géré, la seule Wallonie se constituerait en Etat, quitte à laisser la petite région germanophone d’Eupen et Saint-Vith (70.000 habitants) glisser vers l’Allemagne.

Peut-être serait-ce là la meilleure solution. L’existence de deux Etats affinitaires entièrement francophones, travaillant ensemble dans bien des domaines importants, démultiplierait l’influence de chacun d’eux et de la Francophonie sur le continent et dans le monde.

A plus forte raison encore faudrait-il préparer une réponse claire de la France au cas où une majorité forte se dessinerait en Wallonie pour une réunion avec la France, sous la forme d’une région ordinaire ou d’une région à statut spécial, à négocier…Cela fait très peur à beaucoup d’élites françaises, qui déconseillent vivement jusqu’à l’ombre d’une ingérence dans ces "affaires européo-belgo-belges". Leur argument-massue : « bien qu’une réunion puisse être flatteuse pour la France, paraître l’encourager serait aussitôt encourir l’horrible anathème d’annexionnisme et d’impérialisme. A l’image d’une Allemagne qui pourrait être tentée par l’irrédentisme et réclamer l’Alsace (ce qu’elle n’a pas fait après le « Vive le Québec libre » !)…. Ce serait jouer les apprentis-sorciers, ouvrir la boîte de Pandore de la "contagion", et donner des arguments aux partisans du dépeçage de la France elle-même ».

Pour eux, le maintien de la Belgique telle qu’elle est encore jouerait un rôle de paravent, de couvercle, pour empêcher ou retarder (conjurer ?) le démembrement de notre propre Etat.

Or, même dans l’hypothèse – bien loin d’être la plus vraisemblable - d’une réunion, une "bosse à l’hexagone" ne serait pas un mal puisqu’elle pourrait enlever aux Français la détestable habitude d’appliquer ce terme à leur pays, le réduisant à une expression géographique, provinciale européenne, occultant la Corse (elle s’est prononcée dans un referendum décevant pour les largueurs parisiens), les départements et territoires d’outre-mer, le grand large, la Francophonie, la signification mondiale de la France. Le maintien de la Belgique ne peut endiguer à lui seul le mouvement euraméricain - bien lancé - de destruction d’Etats de la « vieille Europe »* dont l’Espagne, et, à terme, de la France qui reste particulièrement visée.

La France ne peut pas, sous prétexte de sage non ingérence, faire preuve d’indifférence.

Cette thèse minoritaire est encore iconoclaste, voire « hexagonoclaste ». Il convient donc d’abord de contrebattre les thèses « anglo-euro-belgicaines » qui prévalent partout.

Pour contribuer à cette œuvre de salubrité, le livre : « Belgique, dernier quart d’heure ? » du baron belge Paul-Henry Gendebien, président d’honneur du « Rassemblement Wallonie-France . Editeur : Labor (adél : labor@labor.be), 140 C, Chaussée de Philippeville, 6 280, Loverval, Belgique, 13 euros. Très intéressant par l’historique, les faits et les chiffres qu’il donne, autant que par les arguments qu’il développe avec vie et talent. Il apparaît notamment, ce qui est corroboré par bien d’autres sources, que la comparaison de coût de réunification avec l’Ancienne République démocratique allemande est peu pertinente. En effet, la Wallonie ne compte que 3 millions d’habitants, et n’est jamais sortie de l’économie de marché. Son PIB par habitant la situe avant plusieurs régions françaises, ce qui était très loin d’être le cas des Länder « socialistifiés » de l’ancienne RDA Certes, des dysfonctionnements existent, dus pour une part à l’absence d’alternance politique, mais les chiffres montrent que la charge serait très supportable et qu’il y aurait un apport en économie, et non pas seulement en « diastole nationale ». Le redressement de la France passe par le regain de confiance en elle et par une politique vigoureuse de relance par l’innovation et le positionnement sur les secteurs d’avenir, politique qui n’est possible qu’en brisant le carcan monétaro-administratif européiste actuel.

Il appartient évidemment aux seuls Wallons et Bruxellois de faire leurs choix. Toute ingérence de la France est à proscrire. Le gouvernement français ne doit pas, à l’instar du gouvernement allemand à l’égard de certains mouvements d’outre-Rhin-et-Danube bien décrits par Y. Bollmann et P. Hillard, se rendre suspect d’irrédentisme.

Du moins, les responsables politiques français, lorsqu’ils sont interrogés, doivent dire avec force que la France ne pourra, le moment venu, que respecter les choix des populations concernées, comme dans le cas du Québec, mutadis mutandis.

Après tout, loin de la pusillanimité actuelle, le Général de Gaulle n’avait-il pas adopté une telle attitude à l’égard de responsables belges ?…M. Chevènement l’a dit aussi à sa manière.

Il ne serait pas incongru de faire valoir à nos actuels « responsables-mais-non-coupables » les avantages (ils connaissent assez les risques !…) des formules de réunion, ou, surtout, d’une coopération très étroite entre un Etat de Wallonie et la France. Ne serait-ce que pour éviter, le moment venu, une réponse dégradante et déshonorante à la Michel Charasse : « Non, merci, nous avons déjà nos pauvres ! ».

L’Allemagne, elle, a consenti de très grands sacrifices pour sa réunification, sur laquelle elle n’a guère consulté ses voisins. Elle en est, aujourd’hui, plus grande à tous les points de vue.

Il faudrait de toute évidence prévoir l’organisation d’un referendum en France sur une éventuelle réunion et ses modalités, voire sur un traité d’étroite coopération avec un Etat wallon.

L’honneur de la France serait dans un « oui » à une démarche officielle venant du nord.

La demande serait une source, un regain, de fierté pour la France d’avoir été choisie.

Son « oui » serait une correction d’un accident de l’histoire.

*(NDLR : les efforts de l’UE et des Etats-Unis ne visent évidemment pas la GB, nonobstant l’Irlande du Nord, le pays de Galles, l’Ecosse . Ils ne visent pas non plus l’Allemagne, ethniquement assez homogène, et plutôt bénéficiaire potentielle d’éventuels démembrements de ses voisins, ce dont, nous ont rappelé Mme Bollmann et M. Hillard, plusieurs mouvements allemands et autrichiens s’occupent activement. En fait, l’éclatement par régionalisation encouragée concerne surtout les Etats "latins" et slaves du continent).

 
Post Scriptum :

Reaction de Claude Thayse.

Merci de ces informations.

Trois étapes importantes ont donc été franchies !

  • Le début du travail d’information indispensable. Et en conséquence la rupture d’un "tabou" datant de 1815…
  • La confirmation du choix sain et diplomatiquement indispensable de l’attitude de non-ingérence mais de non-indifférence.

Et surtout :

  • L’appel aux "gens habilités à parler au nom de la France " qui, à chaque occasion devraient dire que "la France s’estime naturellement concernée, mais qu’elle ne pourrait que tout mettre en oeuvre pour assurer le "plein et scrupuleux respect" de choix qui n’appartiennent qu’aux populations de Wallonie et de Bruxelles, choix dont les représentants qualifiés lui feraient part".

Malgré la restriction que vous mettez dans cette formulation, l’interprétation qui ne manquera pas d’être faite du contenu et de la répétition de ce message, c’est à dire la perception d’un intérêt certain de la France, aura un impact important sur les résistances liées à l’incertitude actuelle des Wallons et Bruxellois francophones sur cette position française. Le silence apparaissant souvent comme du désintérêt. Par ailleurs, "réunion" n’étant pas synonyme d’"annexion", il était important de clarifier ce point.

Enfin, la double consultation, tant des Français que des wallons et/ou Bruxellois francophones, est indispensable et de toute façon prévue par la Constitution de la République en matière d’acquisition de nouveaux territoires.

Claude Thayse


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