La deuxième raison : il ne faut pas oublier qu’après la charrette à bœufs, la navigation fut le premier moyen de transport, que les canaux ont rendu plus sûrs et parfois plus rapides ces transports par eau. Or ce fret fluvial après avoir été tant décrié depuis une quinzaine d’année retrouve bien des thuriféraires. De nouvelles liaisons sont recherchées et dans les difficultés actuelles nous ne pouvons pas écarter l’exploitation d’un patrimoine fantastique qui permet des conditions de transports fiables, moins polluantes, plus économiques, plus sûrs et présentant peu de nuisances sonores. Le transport fluvial possède toutes les caractéristiques d’un transport moderne, il permet d’acheminer de grandes capacités pour un faible coût, en toute sécurité et dans le respect de l’environnement.
Enfin sur de nombreux canaux ne voyant plus guère de péniche une nouvelle économie a vu le jour le tourisme fluvial. C’est une activité en plein développement. Mais nous n’avons que parlé de la voie d’eau mais un canal possède en général deux berges qu’il est fort possible d’exploiter pour les randonneurs de tous poils, les pêcheurs c’est un merveilleux espace à partager.
STRUCTURE AYANT EN CHARGE LA GESTION DE CES VOIES D’EAU
L’ensemble du réseau navigable français est estimé à 8 500 Km et traverse 56 départements.
VNF gère et exploite, à l’échelle nationale, 6 800 Km de canaux et de fleuves navigables. VNF est un établissement public à caractère industriel et commercial placé sous la tutelle du ministère des transports, de l’Equipement, du tourisme et de la mer.
700 Km de réseau géré par l’Etat non confié à VNF, entièrement transférable
Les lois du 30 juillet 2003 et du 13 août 2004 ont classé les voies navigables en 2 réseaux, « le réseau magistral », d’intérêt national, non transférable, et le réseau secondaire « décentralisable » orienté vers la plaisance fluviale et le tourisme
4 600 Km environ de voies navigables transférables qui se répartissent ainsi :
actuellement gérées par VNF : 2 000 Km de canaux et 900 Km de rivières. Les 700 Km gérés par l’Etat
Les 1 000 Km de canaux et rivières déjà transférées
Mais actuellement peu d’avancée, pourquoi ?
Les collectivités bénéficiaires plutôt réticentes à solliciter le transfert de propriété des voies d’eau. Inventaire du réseau transférable peu précis ; état du réseau concerné plutôt dégradé ; niveau de service à maintenir, au regard d’enjeux économiques ou autres mal cernés ;
Aucun délai prévu pour les négociations de transfert ;
Aucun maître d’œuvre de désigner pour ces transferts.
Les choses traînent et les services sur le réseau secondaire disparaissent
A comparer avec les autres pays européens :
Aux Pays Bas où 50 % des marchandises sont transportées par voies d’eau, sur les 6 700 Km de voies d’eau navigables, 1400 Km sont reconnus former le réseau magistral, le reste soit 5 300 Km forme le réseau secondaire et se répartit entre l’Etat et les collectivités locales de tous niveaux.
L’Allemagne a tenté de décentraliser les petits canaux et rivières aux Lander qui ont refusés.
MENACES SUR LES CANAUX
Deux menaces réelles planent sur les canaux du réseau secondaire :
Les textes de décentralisation
La loi sur l’eau et le code de l’environnement
En ce qui concerne les lois de décentralisation :
Dès 1989, les régions ont eu la possibilité de reprendre les canaux ; trois régions seulement se sont proposées et ont mené à bien leur projet, la Bretagne, la Picardie et les Pays de Loire, soient environ 1 000 Km de voies d’eau.
Depuis, la loi du 13 août 2004 a classé les voies navigables en 2 réseaux : le « réseau magistral », d’intérèt national et le « réseau secondaire » décentralisable sans fixer de délais précis ni de maître d’œuvre. VNF, Voies Navigables de France, qui gèrait la totalité ou presque du réseau ne gèrera à termes que le réseau magistral, 4 000 KM environ. Les collectivités territoriales étant sollicitées pour les transferts de propriété et d’activités.
Mais cette décentralisation mal préparée peut être dramatique pour le réseau secondaire. En effet, VNF réserve ses crédits et oriente son personnel vers ses obligations c’est-à-dire le réseau commercial. Quant à eux dès cette saison, les canaux touristiques en raison de manque de crédits pour les vacataires connaissent de longues attentes aux écluses quand ce ne sont pas des fermetures . C’est le cas du canal du Nivernais, par exemple qui risque de voir les touristes fluviaux le déserter.
Approuvés pour la première fois en 1996, complétés ou modifiés en 2001, ils sont toujours en vigueur. De nouveaus SDAGEdevraient être approuvés en 2009 mais la DCE, Directive Cadre Européenne sur l’eau du 23 octobre 2000, transposée dn droit français par la loi du 21 avril 2004, a renforcé la planification et la gestion de l’eau au niveau des bassins. Des associations jusque là peu engagées font maintenir ressortir l’incompatibilité entre l’usage des droits d’eau pour détourner l’eau des rivières vers le canal, et le besoin de laisser un certain débit de salubrité dans la rivière.
C’est ainsi que dans ce cadre, il a été envisagé de débarrer certains canaux en Bretagne par exemple entre Pontivy etGuerlédan au prétexte du rétablissement d’une masse d’eau naturelle.
A notre avis, les canaux, véritables cathédrales hydrauliques contribue à la percolation, mettent en relation des bassins versants différents par les biefs de partage et ne perturbent en rien le cycle de l’eau bien au contraire..
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