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Chers amis
Je réagis à l’entretien ci-dessous de Mme Pauline Marois qui s’indigne de la faible place donnée au français à l’ouverture des Jeux de Vancouver.
Nos amis du Québec nous avaient informés, au cours des mois précédant les Jeux, d’une certaine mauvaise volonté de la part des organisateurs. Ils essayaient de leur côté, de peser sur les préparatifs, afin que le français eût toute sa place de langue olympique, dans ce Canada officiellement bilingue, qui fournit trois membres officiels à l’OIF (Canada fédéral, Etat du Québec, et Nouveau-Brunswick), et où, de surcroît, le Québec , théoriquement reconnu comme une nation du Canada, devait gagner une bonne partie des médailles revendiquées par l’actuelle fédération. Ils ont posé à nouveau la question : « y aurait-il un Canada viable, et puissant, bien distinct des Etats-Unis, sans le Québec , et sans le français ? ».
Nos vaillants militants MM. André Busnel et Dominique Daguet nous appellent à une résistance vive et concrète contre ces institutions de formation de nos élites qui livrent notre jeunesse à l’Empire. M. Busnel s’en prend à juste titre à la CCI de Rennes. Mais les CCI de Lille, de Paris…agissent de même. Ainsi que l’Institut d’Etudes Politiques de Pais, la prestigieuse « Sciences Po » qui donne, à son antenne de Reims récemment ouverte, ses cours essentiellement en anglais, et renforce considérablement les cours en anglais à Paris même. Ce n’est pas pour rien que, pour 2009, l’Académie de la Carpette anglaise vient de décerner son prix d’indignité nationale au Directeur M. Richard Descoings …
Il faudra faire passer notre résistance du Verbe à l’Action, pour reprendre l’attitude du Dr Faust dans la première partie du Faust de Goethe :
« Am Anfang war die Tat ! »
Rappel d’indications générales :
« NDLR : L’Association COURRIEL, présidée par M. Georges Gastaud, et « Avenir de la langue française » lancent, avec une dizaine d’autres associations signataires, cet Appel à nos dirigeants et aux peuples de France, du Québec, aux francophones du monde, pour faire vivre, défendre, promouvoir la langue française et la Francophonie. Il est fait allusion dans l’Appel à une politique complète de la langue française « proposée dans nos sites » : il s’agit, dans le site du FPF, du grand article : « Une politique de la langue française et de la Francophonie » établi avec l’accord, déjà, de plusieurs associations, et mis à jour par Albert Salon au 19 novembre 2009 ».
Unanimes, elles dressent un constat angoissant du sort politique fait à la langue française en France. « Langue de la République » (art. II de la Constitution), le français est une condition du vivre ensemble national et républicain, et, selon les sondages récents, il est pour 80 % de nos concitoyens un des principaux piliers de l’« identité nationale ».
Or, le français est aussi gravement menacé chez nous qu’au Québec, en Afrique francophone, en Wallonie ou en Suisse romande. Il l’est moins par l’air du temps, contre lequel il pourrait se défendre seul, que par une politique linguistique menée surtout par de grandes entreprises françaises avec l’appui de milieux politiques, certes européens et transatlantiques, mais d’abord hexagonaux. Après Michel Serres, observant qu’ « il y a plus de mots anglais sur les murs de Paris qu’il n’y avait de mots allemands sous l’Occupation », le linguiste Claude Hagège classe le français parmi les langues menacées dans son Dictionnaire amoureux des langues.
« L’Ambassadeur Albert Salon, l’association « Avenir de la langue française » (ALF) qu’il préside, et le Forum pour la France, s’associent sans réserve à la lettre jointe que notre militant d’ALF Jean Hourcade, ancien Conseiller Culturel dans nos ambassades, a envoyée au journal Le Monde pour protester vigoureusement contre l’odieuse culpabilisation des « Français qui parlent trop mal l’anglais ». Le Monde a récidivé dans son numéro daté de ce samedi 19 septembre 2009.
Nos associations et mouvements dénoncent et rejettent avec force la campagne qui se développe depuis quelque temps dans les media pour faire honte aux Français qui ne se mettent décidément qu’avec réticence à la « langue du maître », instrument de domination pour l’Empire du moment, ce nouveau « Saint-Empire américain de nations germaniques » qui prétend encore – après la crise très grave qu’il a déclenchée - imposer au monde son modèle, ses normes, ses intérêts et ses lois, et traiter ses alliés en « vassaux » à sa botte.
NDLR : Ce texte de notre membre militant Denis Griesmar, ancien Vice-Président de la Société française des Traducteurs, éminent linguiste et brillant essayiste, est une mine dans laquelle tous nos militants sont invités à puiser des faits, des arguments, des raisonnements dans la lutte pour notre cause. Qu’ils ne se gênent surtout pas ! »
Ferdinand de Saussure, fondateur de la linguistique moderne, mettait en garde de façon liminaire, dans son célèbre Cours, sur la difficulté de définition de l’objet de son étude, ajoutant même : « Bien loin que l’objet précède le point de vue, on dirait que c’est le point de vue qui crée l’objet… » …
Chers amis
Puis-je vous prier de transmettre par la poste à M. Jean Charest , avec copie à ses ministres concernés (notamment à ceux qui sont chargés des relations internationales, de la langue française, de la Francophonie) et à ses principaux conseillers, ainsi qu’ au Président de l ’Assemblée Nationale et au Président du Conseil de la langue française,
la lettre ci-dessous, envoyée au nom des associations « Avenir de la langue française » et du Forum francophone international-France (FFI-France), que je préside, ainsi que du « Forum pour la France » dont je suis administrateur, et des autres associations de promotion de la langue française qui travaillent en synergie pour notre cause commune ?
En sus de cette transmission à qui de droit, il vous est loisible de faire de cette lettre tout usage que vous jugerez utile à cette cause.
Albert Salon , ancien Ambassadeur, président d’ « Avenir de la langue française ».
Depuis des années, « Avenir de la langue française » et le Forum francophone international (FFI-France cf. la rubrique spéciale sur le site www.voxlatina.com ainsi que les livres d’Albert Salon publiés chez l’Harmattan : Colas colo, Colas colère et France, Québec, Wallonie : même combat) se préoccupent de pousser la réflexion plus loin, vers la création d’une forme viable de « citoyenneté francophone ». Notre membre fondateur Guy Dalens fait le point sur cette réflexion et formule des propositions, soutenues par la rédaction. Merci à nos lecteurs de réagir, de donner leurs avis ! NDLR.
Pour aborder le problème de la citoyenneté francophone, et le résoudre, je pose quatre questions auxquelles j’apporte une explication et trois solutions.
Résumé :
La question de l’utilité et du rôle de la Francophonie est aujourd’hui posée. Les Francophonies des 19ème et 20ème siècles sont dépassées mais une troisième Francophonie est possible en réponse et comme antidote des défis et aux risques de la mondialisation : repli et confrontation identitaire, pauvreté, développement durable…
L’équilibre du monde, la recherche de la paix exigent de nouveaux pôles mondiaux d’influence voués au dialogue interculturel et à la solidarité : les unions géoculturelles. Dans ce contexte, la troisième Francophonie est en avant-garde comme laboratoire et espace pilote. Il faut accélérer sa construction. Cet essai en présente le concept, l’architecture et les chantiers.
Parler d’espoir, évoquer un nouveau départ pour la francophonie, implique au préalable une évocation sans concession des inquiétudes qui s’expriment de partout et une réflexion sur son rôle demain et sa propre envie d’exister au moment où la mondialisation redistribue les cartes et casse bien des certitudes. Il faut de même s’interroger sur son intérêt pour les populations qu’elle rassemble. Leur est-elle utile ? Chemin faisant, la question de l’avenir du français, plus généralement du choix à l’international entre monolinguisme et plurilinguisme ne peut être éludée. Elle est, par ses conséquences, au cœur de la problématique du devenir francophone. Le débat d’idées sur ces questions est indispensable. Il faut l’ouvrir sans complaisance et le médiatiser.
De l’importance de la Francophonie :
Depuis quelques années, « Avenir de la langue française » (ALF), appuyée par plusieurs autres associations de défense et de promotion du français et de la Francophonie et mouvements proches (dont le Forum pour la France ), jugeait nécessaire que les Français pussent enfin amplement débattre au niveau national de ces deux questions liées, vitales pour la France, pour les pays qui ont sa langue en partage, et pour le maintien et l’affirmation de la diversité linguistique et culturelle du monde face aux tendances lourdement hégémoniques d’une langue et d’une culture étrangères.
Les colloques et séminaires que nos associations ont pu organiser, ou auxquels elles ont pu s’associer à divers titres et degrés, ces dernières années ont certes tous eu leur utilité. Mais ils ont été très insuffisamment médiatisés. Ils n’ont pu instaurer le grand débat national souhaité.
L’association italienne ERA-Onlus s’intéressait au prix d’indignité nationale décerné chaque année par nos associations françaises ALF, ASSELAF, CLEC, DDC, DLF, et des écrivains et journalistes, groupés dans l’ « Académie de la Carpette anglaise » présidée par Philippe de Saint-Robert.
Nous leur avons fourni les informations qu’ils nous demandaient. Ils ont maintenant leur prix : « Italiano zerbino della lingua inglese », avec l’esprit, et les cibles analogues, de la « Carpette » dont ils revendiquent la filiation.
Nos amis d’Italie nous honorent. Ils nous aident aussi : dans toute l’Europe remplie de carpettes de l ’empire anglo-saxon, il faut que les rieurs se mettent dans notre camp du respect des langues nationales ! Nous sommes maintenant plusieurs pour mieux essaimer…d’autant plus que cette association est venue le 9 mars au Palais Bourbon, avec deux syndicats italiens, des Allemands et des Québécois, faire un succès de notre conférence de presse internationale de syndicats , d’associations et de parlementaires des quatre pays pour manifester, dans une résolution, le droit des travailleurs de travailler dans leurs langues nationales dans leurs pays respectifs. A noter – est-ce un hasard ?- qu’Allemands et Québécois avaient déjà chez eux des prix Citron ou de dérision décernés aux « traîtres aux langues nationales »…
Nous leur souhaitons donc…la victoire : ce sera celle de notre mouvement socio-politique mondial naissant contre l’hégémonie anglo-américaine et pour le respect de la diversité linguistique et culturelle de l’Europe et du monde ! »
« L’Ambassadeur Albert SALON, responsable de la Commission Francophonie du FPF, recommande vivement la lecture de la conférence reproduite ci-après de M. Michel GUILLOU, ancien Directeur de l’Institut Francophonie et Mondialisation ( IFRAMOND ) de l’Université Lyon3 Jean Moulin.
Cette conférence contient en effet bien des analyses et propositions élaborées en commun entre nos associations depuis plus de 20 ans, et présentées dans nos divers articles et ouvrages publiés.
Un ami Libanais me disait récemment : « L’anglais est la langue du business et le français la langue des salons ». J’imagine qu’il entendait par « langue de salon » une langue de culture.
Propos qui se voulaient rassurants, sans doute, mais propos redoutables.
Signifient-ils, à plus ou moins long terme, le déclin puis la mort programmée de la langue française ?
Dans ce face-à-face franco-américain, j’aimerais aborder le sujet du déséquilibre actuel entre les deux langues de l’autre côté, du point de vue de l’anglais.
Rappel d’indications générales :
Si Charles Durand avait habité non à Nice mais à Paris, j’eusse déjà parrainé son entrée au FPF.
Brillant universitaire scientifique informaticien, qui a travaillé dans son domaine aux Etats-Unis, au Canada, au Japon, qui a dirigé l’ Institut francophone d ’informatique que l’AUF et le Ministère français de la Coopération (quand j’y étais) ont créé il y a dix ans à Hanoï, il fait partie de la petite troupe des défenseurs de pointe, intelligents, incorruptibles, de la Francophonie. Lui et moi avons eu ensemble en 1995 le prix Charles Hélou (ancien Président du Liban) sur le thème : « Quelle francophonie pour le 21ème siècle ? ». Et, surtout, il a écrit les trois volumes de « La nouvelle guerre contre l’intelligence » (F-X de Guibert) dans lequel il dénonce, vingt ans après Yves Eude, les mécanismes de la conquête mondiale des esprits par l’hégémonique empire américain.
Albert Salon
Le problème du commerce extérieur n’ayant pas encore été discuté au sein du Forum, le texte ci-dessous n’engage que votre serviteur. Si je presse le pas, c’est parce qu’une nouvelle manie atteint certains de nos amis, qui proposent un retour à la préférence communautaire, pourtant contraire aux intérêts de notre pays.
Comme à notre habitude, il ne s’agit surtout pas de hurler NON. Nous devons regarder pourquoi des hommes de qualité comme Maurice Allais, Prix Nobel des sciences économiques, proposent cette préférence communautaire.
L’académie de la Carpette anglaise s’est réunie le 26 novembre. Le jury, présidé par Philippe de Saint Robert, était composé de représentants du monde associatif, syndical et littéraire.
Au premier tour de scrutin, par onze voix contre deux, le prix de la Carpette anglaise 2008 a été décerné, à Mme Valérie Pécresse, ministre de l’ Enseignement supérieur et de la Recherche pour avoir déclaré que le français était une langue en déclin et qu’il fallait briser le tabou de l’anglais dans les institutions européennes, ainsi que dans les université françaises, en rendant obligatoire l’enseignement intensif de cette langue au détriment de toutes les autres (ce qui est notamment contraire au traité de l’Élysée de 1963).
Le jury de l’ « Académie de la Carpette anglaise » se réunit le 26 novembre à 12h30 au restaurant « le Grenadier », (de la gare) d’Austerlitz, sous la présidence de M. Philippe de Saint-Robert, écrivain, ancien diplomate, président de l’ASSELAF (Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française).
Le public et les journalistes ont droit au buffet de la Gare, vers 14h30, à la proclamation des lauréats par le Président. Venez nombreux !
Parmi les « Académiciens » Claude Duneton, G. Mouren, M. Déchamps, Marc Favre d’Echallens, Hervé Bourges, Dominique Noguez, Albert Salon…
Il y a divers candidats, dont Valérie Pécresse… Merci à Gérard qui nous a signalé l’info.
Sept gestes symboliques attendus du gouvernement français en faveur du français et de la Francophonie :
Pour affirmer qu’une France souveraine se remet à marcher sur les deux jambes dans sa politique extérieure, retrouve pleinement son grand large, et donne à la construction de la Communauté francophone la même importance qu’à celle d’une étroite coopération entre États-Nations d’Europe.
Les dirigeants de la France sont invités à :